LES SOURCES DU DROIT
La hiérarchie des textes
L'ordre juridique interne (national)
est composé de différentes règles, qui
n'ont pas toutes la même force. Les " normes "
inférieures ne doivent pas être en contradiction
avec les normes supérieures. Ainsi, la loi ne doit
pas être contraire à la Constitution (inconstitutionnalité,
qui est une forme d'illégalité au sens large
du terme), tout comme un règlement d'application ne
doit pas être contraire à la loi (illégalité au sens strict).
Le contrôle de la hiérarchie des textes appartient
à certaines juridictions :
- Le Conseil constitutionnel peut ainsi être saisi, avant l'entrée en vigueur d'une loi,
afin d'examiner sa conformité à la Constitution.
- Le Conseil d'Etat peut vérifier
la légalité d'un acte administratif (décret
ou arrêté).
Un auteur (Hans Kelsen) a pu décrire la hiérarchie
des textes sous la forme d'une pyramide de normes avec
au sommet la Constitution, puis les lois, puis les règlements
administratifs (décret ou arrêtés), eux-même
hiérarchisés.
Le droit communautaire, que l'on
doit se garder de confondre avec le droit international, est
composé de l'ensemble des traités fondateurs
des communautés européennes ainsi que des règles
produites par les institutions communautaires (essentiellement
: la Commission et le Conseil), qui sont les règlements
et les directives. Il prime sur les règles internes,
à l'exception de la Constitution. C'est le principe
de primauté. Le droit communautaire a également
un effet immédiat (l'Etat membre n'a pas à
mettre en uvre une quelconque procédure de réception
ou de transformation de la norme) et ses règles ont
en principe un effet direct (ce qui signifie qu'elles
peuvent être directement invoquées par les particuliers
et les entreprises devant le juge français).
Le droit international est le droit
qui lie les Etats. Bien que les traités soient
théoriquement supérieurs au droit interne, ils
ne bénéficient pas de l'effet direct et doivent
être reçus en droit interne.
Jurisprudence, coutume,
doctrine
Dans un sens formel,
la jurisprudence désigne l'ensemble des décisions, rendues
par les cours et les tribunaux. Elle peut aussi être
entendue comme la solution généralement donnée
par les tribunaux à une question de droit, une habitude
des tribunaux de juger un litige de telle ou telle manière.
Beaucoup d'auteurs se sont demandés s'il convenait
d'élever la jurisprudence au rang de source du droit,
c'est à dire la mettre au même rang que la loi,
créatrice indiscutée du droit. Aujourd'hui la
majorité d'entre eux s'accorde à reconnaître
ce rôle créateur. Pourtant, cela n'a pas toujours
été le cas, puisque dans la conception des Révolutionnaires,
la fonction législative appartient au seul pouvoir
législatif, représentant de la volonté
populaire. Le juge ne peut qu'appliquer les règles,
en s'y conformant très strictement (aujourd'hui encore
il lui est interdit de rendre des arrêts de règlement).
Il est un instrument au service de la loi et doit ainsi se
garder de tout arbitraire. Robespierre, particulièrement
hostile aux juges, a ainsi écrit " ce mot de jurisprudence
doit être effacé de notre langue ".
Il est admis aujourd'hui que les juridictions (principalement
la Cour de cassation et le Conseil d'Etat) produisent une
jurisprudence cohérente et unifiée. Or, cette
jurisprudence ne se fonde pas toujours directement sur la
loi, mais parfois aussi sur des principes généraux,
ou sur la coutume. Elle peut aussi rendre des solutions contraires
au texte légal, sous le prétexte de l'interpréter.
Elle peut enfin inciter le législateur à adopter
telle ou telle loi, en adoptant une solution qu'elle sait
inacceptable socialement. Le pouvoir des juges est donc important
et contribue à perfectionner notre système juridique,
puisqu'il est de toute façon impossible pour le législateur
de tout prévoir.
La coutume est généralement
définie comme une règle issue d'un usage prolongé
(une fois n'est pas coutume !), et dans la croyance que cette
même règle est obligatoire. Elle peut être
considérée comme source du droit si l'on considère
que le législateur, comme le juge s'y réfèrent,
implicitement ou expressément, pour fixer la conduite
à tenir. En France, elle a cependant une place moins
importante que dans les pays privilégiant un droit
non-écrit, le formalisme français incitant à
se référer d'abord à la volonté
des autorités étatiques. Elle a pris
un véritable essor dans le cadre du commerce international
sous le nom de lex mercatoria.
La doctrine est l'opinion des auteurs, émise à propos du droit. Formellement elle désigne
tous les ouvrages, notes, commentaires que ces auteurs produisent.
La doctrine française n'est pas à proprement
parler une source du droit, puisqu'elle ne s'imposera jamais
aux justiciables ni aux juges.
Elle a cependant une réelle importance, puisqu'elle
peut contribuer à mettre en lumière les défauts
du droit positif . Elle est d'ailleurs un auxiliaire précieux
du législateur et du juge qui requièrent parfois
son avis, individuellement ou dans le cadre de commissions.
Bibliographie
Les lois sont publiées au Journal officiel de la République
française et les textes communautaires au Journal officiel
des Communautés européennes. www.legifrance.gouv.fr
La littérature juridique est très importante :
elle comprend des précis, manuels ou traités.
De nombreuses revues publient de la jurisprudence et de la doctrine,
notamment le Recueil Dalloz, La Semaine Juridique, la Gazette
du Palais, la Revue trimestrielle de droit civil, la Revue trimestrielle
de droit commercial et la Revue de science criminelle.
Il existe également des encyclopédies en plusieurs
volumes comme les encyclopédies Dalloz ou les Juris-Classeurs.
Beaucoup d'informations sont aujourd'hui disponibles sur Internet.
Consultez la liste de liens dans la partie Annuaire web.
Dernière mise à jour : Janvier 2004